mercredi 26 avril 2017

C'est l'histoire d'une fille grosse et dépressive.


Ou bien dépressive et grosse ?

Hier, j'avais donc rendez-vous avec la remplaçante de mon médecin généraliste, ce dernier étant en vacances. J'avais préparé la check-list de mes petites pathologies, histoire de ne pas en oublier une, je suis la spécialiste du "Mince, j'ai oublié de parler de ça !" une fois sortie du cabinet. Afin de ne pas passer pour une hypocondriaque de bon matin (enfin, pas entièrement...), je suis également la spécialiste des check-list au bureau. Et mine de rien, c'est appréciable. Ceci dit, dans ma vie personnelle, point de check-list, cela me semble paradoxalement d'un ennui mortel...

Donc, une fois les présentations effectuées, je sors ma check-list. Le premier point est en lien avec l'arthrose. Je ne termine même pas ma phrase qu'elle me dit "FAUT MAIGRIR". Alors moi, ce genre de phrase stéréotypée, comment dire ? Je hausse direct le sourcil droit. Et je lui demande "Et comment fait-on, pour MAIGRIR ?".

Genre, l'évidence ? Finger in the nose, arrête donc de BOUFFER ma pauvre fille ! Elle me dit qu'il suffit de prendre rendez-vous avec la diététicienne du cabinet, pardi !

Je passe au second point de la check-list. Elle m'explique que c'est une conséquence d'une autre de mes pathologies... Et indirectement, du surpoids. Je suis à deux grammes d'enjamber son bureau pour lui enfoncer son stéthoscope jusqu'à la glotte, à cette asperge. Je lui explique que pédagogiquement parlant, je trouve bien d'encourager les personnes, par exemple en disant "Vous avez bien maigri, continuez !" plutôt que d'asséner un "Faut maigrir". Elle me contemple. J'espère qu'elle réfléchis sincèrement à ce que je lui explique (mais je doute).

Pour la 3ème pathologie, elle me demande si je suis dépressive. En plus d'être grosse ? Sincèrement, je ne sais pas. Je ne sais plus. Avant d'entrer dans ce cabinet, je ne me sentais ni grosse ni dépressive. Mais voilà que depuis quelques minutes, je doute. Et si j'étais une grosse dépressive qui s'ignore ? (Cela contenterait une certaine partie de mon lectorat !).

Pour les autres pathologies, alors que concrètement il ne s'agit que de renouveler un traitement, elle me fait tout un laïus comme quoi ce n'est pas bien de prendre "ça". 

Quand elle dit "ça", c'est en référence aux petites gouttes magiques que je prends le week-end, après une semaine sans dormir une nuit entière. Sauf que les petites gouttes, c'est pas bien. Par exemple, si tu ne dors pas la nuit, il faut essayer quand même (...). De dormir. Même si tu ne dors pas.  Mais vraiment, il faut essayer. J'insiste, je lui dis que je n'y arrive pas. Elle insiste aussi : "Mais quand vous ne dormez pas, vous essayer de vous rendormir ?". Non non. Non, en fait, je crois que j'aime ne pas dormir, depuis que je suis abonnée à Netflix. 

Et "ça", c'est aussi l'eczéma. La cortisone c'est le mal, dit-elle. Un autre traitement, alors, quand cela fait des mois que tu luttes en vain contre une poussée et que tu viens en désespoir de cause demander de l'aide ? Elle soupire. Et prescrit de la cortisone.

Bref, je ne me sentais pas spécialement grosse ni dépressive avant ce rendez-vous. Je ne me sentais pas davantage grosse ni dépressive en sortant, à la réflexion. J'ai tellement croisé des médecins version asperge qui t'assènent sans aucune psychologie des "Faut maigrir" comme s'ils disaient bonjour, sans s'attarder sur tes efforts en la matière ni par exemple sur ces vices que tu ne possèdes pas pour le bien de ta santé pour autant (je ne fume pas... Je ne bois pas... Je marche chaque jour ma demi-heure et plus...)... 

Je ne suis ni grosse, ni dépressive. J'ai juste quelques kilos à perdre, et il m'arrive parfois le matin de ne pas vouloir affronter le monde et de rester cachée sous ma couette (ce que je ne fais jamais, pourtant).

Le culte de l'échec ?

L'autre jour, alors que je vivais une petite crise d'angoisse en toute intimité (je ne m'étais pas pesée depuis plus d'une ...